« Comment enseignez-vous les sciences si vos élèves n’ont pas de laboratoire ? » 1/3

Il y’a plus d’une trentaine d’années, cette question fut posée à un enseignant des sciences sud-africain par le chimiste anglais John Bradley. Elle fut à l’origine de ce qu’on peut qualifier de révolution scientifique majeure: les Kits Microsciences, des versions miniaturisées des laboratoires de Chimie, de Physique et de Biologie. Voici l’histoire passionnante d’une solution africaine devenue mondiale. Une histoire racontée par l’inventeur et quelques témoins vivants de cette aventure!

EPISODE 1: L’AFRIQUE DU SUD, BERCEAU DES MICROSCIENCES

A la fin des années 80, l’Afrique du Sud est encore en plein apartheid. A l’époque, plusieurs écoles, surtout celles qui accueillaient les élèves noirs,  étaient confrontées au même problème que la majorité des écoles des pays Africains aujourd’hui: l’enseignement des sciences expérimentales y était théorique, sans expériences de laboratoires.

« C’est dans ce contexte que John Bradley, devenu professeur de chimie à l’Université du Witwatersrand, va s’ intéresser à la manière d’apporter des expériences de laboratoire en chimie dans les écoles d’Afrique du Sud, en particulier aux étudiants noirs qui n’avaient que peu d’opportunités d’aller à l’école, et encore moins de faire des travaux pratiques dans un laboratoire en chimie «  lit-on dans un commentaire de l’article The Global Microscience Project posté en 2006 par le scientifique Bob Maybury, à l’époque un membre très actif au sein de l’Organisation Internationale pour une Chimie au Service du Développement (IOCD).

Le professeur Bradley et Mokone Nakedi, l’un de ses principaux collaborateurs lors de la remise du prix NSTF 1998 décerné par le Forum national de la science et de la technologie (NSTF) en reconnaissance des microsciences comme contribution exceptionnelle à la science, à l’ingénierie et à la technologie. Le NSTF assure la surveillance en vue d’influencer la formulation et la mise en œuvre des politiques publiques en matière de science, d’ingénierie, de technologie (SET) et d’innovation en Afrique du Sud.

Pour résoudre ce problème, Bradley conçoit le Microchemical Experients (Laboratoire de Microchimie) à la fin des années 1980. Considéré comme l’ancêtre des Kits des Microsciences, ce kit était composé de minuscules matériels de laboratoire de chimie pouvant recevoir de très petites quantités des produits chimiques.

Composition d’une version améliorée du Kit de Microchimie.

D’après le site web officiel de l’IOCD:  » la production de kits a commencé à Kazan, au Tatarstan en Russie, grâce aux efforts d’Alexandre Pokrovsky, un ancien scientifique de l’UNESCO »

Mais comment est-on passé du Microchemical Experient aux Kits des Microsciences? A quel moment l’UNESCO s’est-elle intéressée à cette innovation au point d’en faire un projet mondial? Et comment se fait-il que 30 après, la majorité des écoles congolaises ne connaissent, ni n’utilisent pas cette solution, malgré les efforts fournis pour sa vulgarisation? On en parle dans nos prochains articles.

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